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Lointains


Nous pouvons depuis dix ans marcher tout au long de nos frontières, un pied dans un pays, un pied dans un autre.
A l’heure où l’Europe bat de l’aile, à l’heure où la Grèce, berceau de notre histoire, penchée au dessus du gouffre, risque de perdre l’anneau de noce, nous faisons percevoir la diversité linguistique, les richesses musicales et visuelles de ce continent.
En passant par l’Espagne, la France, l’Allemagne, l’Italie et survolant les terres jusqu’à l’Est, nous suivrons la route des poètes pour déguster les parfums de chaque pays.

Nous n’embarquerons pas à bord d’un avion pour survoler les reliefs des contrées que nous traverserons. Mais nous aurons, en projection, l’espace des photographies d’Arièle Bonzon qui offrent des plages où vagabonder, des lointains où se perdre.

Nous allons embarquer pour un moment unique avec ces poètes qu’Anna Kupfer nous fait découvrir, comprendre et savourer en les chantant dans leur langue d’origine. Le voyage commence et, bien qu’immobiles, nous voici en route sans délai, traversant de grands espaces.
Sa voix nous livre la plainte nue d’une tzigane hongroise, le chant yiddish, riant d’un œil et pleurant de l’autre, l’espagnol des chemins poussiéreux aux heures chaudes, le portuguais de l’exil dans le fado...

Création : Lointains / Saint-Agrève - Mai 2012

Anna Kupfer chante l’esprit de résistance

Jean-Pierre Léonardini

La comédienne à la voix d’or participera à la soirée d’hommage à Georges Séguy au stand des Amis de L’Humanité


Quelle que soit la langue du poète, Anna Kupfer la chante et l’enchante en toute gravité, la parant de couleurs intenses en s’adressant au coeur en toute franchise. Comédienne à l’origine, c’est progressivement qu’elle s’est mise au chant, se réalisant dans la pratique vocale avec la même autorité que dans le jeu théâtral, qu’elle apprit au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, réussissant alors l’exploit d’y entrer sur concours, sans connaître un traître mot de français, mais en ayant appris ses scènes à passer devant le jury suivant le seul entraînement phonétique. C’est qu’Anna Kupfer, née à Berlin, possède le don des langues à un point admirable. Elle excelle, bien sûr, dans Brecht comme dans les vers entêtants de l’Autrichienne Ingeborg Bachmann mais il semble que les poètes du monde entier aient mis à son entière disposition leurs trésors de lyrisme, qu’elle distille à l’envi sur un mode envoûtant.

Le vendredi 12 septembre, à la Fête, au stand des Amis de l’Humanité, Anna Kupfer donnera un bref récital avec des poèmes de son choix sur l’esprit de résistance, lors de la soirée en hommage à Georges Séguy dont le livre intitulé Résister, de Mauthausen à Mai 68 (L’Archipel, 18,95 euros) est sorti au printemps.

Paru dans l’Humanité le 3 septembre 2008